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http://www.monde-diplomatique.fr/2014/10/PRUNIER/50861

Prisée des touristes pour ses plages et ses safaris, la côte kényane subit depuis plusieurs mois une vague d’attentats meurtriers. Ces crimes, demeurés impunis, commencent à faire fuir investisseurs et agences de voyages. La recrudescence des violences serait due au terrorisme islamiste venu de la Somalie voisine. Mais cette explication, trop aisée, masque les fractures politiques et sociales qui déchirent le pays.

Au soir du 15 juin 2014, une cinquantaine d’hommes armés attaquent la bourgade de Mpeketoni, située près de la ville côtière de Lamu, où le Kenya construit un grand port en eau profonde. Le raid obéit à un principe simple : les assaillants se rendent de maison en maison et tuent systématiquement les habitants qui ne portent pas un nom musulman. Après avoir aisément repoussé la timide riposte des forces de sécurité gouvernementales, les miliciens se livrent au pillage et à la destruction — de voitures, de boutiques, d’une banque —, donnant libre cours à leur sens du spectaculaire. Ils finissent par s’évanouir dans l’obscurité, laissant plus de soixante morts derrière eux.

La nuit achevée, ils récidivent dans le village voisin de Maporomokoni. Ils y massacrent une quinzaine de personnes. Dans un cas comme dans l’autre, la majorité des victimes sont des Kikuyus, membres d’une ethnie chrétienne originaire du haut plateau.

Les médias internationaux trouvent vite l’explication à cette explosion de violence : les criminels sont des terroristes somaliens appartenant à l’organisation Harakat Al-Chabab Al-Islami Al-Thawri (Mouvement de la jeunesse islamique révolutionnaire), qui s’est déjà livrée à des attentats sur le territoire kényan, notamment au centre commercial de Westgate, à Nairobi, en septembre 2013. Cette interprétation est rapidement confirmée par les Chabab eux-mêmes : sur Twitter, ils revendiquent les massacres dès le 16 juin. Leur motivation serait de venger l’imam radical Cheikh Aboubakar Sharif Ahmed — plus connu sous son surnom de Makaburi —, tué le 1er avril 2014 à Mombasa, très probablement par des membres des services de sécurité kényans.

Mais les choses se compliquent lorsque, ce même 16 juin, le ministre de l’intérieur Joseph Ole Lenku affirme que les membres du commando ont été « invités » et même aidés par « certains acteurs politiques kényans », qui doivent « cesser d’inciter à la division ». Bien qu’il n’ait pas été nommément visé, M. Raila Odinga, ancien premier ministre……

La suite dans le Monde Diplomatique :

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